20 novembre 2007
Le combat du peuple - par Abdou Latif Coulibaly
Stoïques, les Sénégalais subissent sans dire mot les affres d'un système, tentant de se parer des atours de la démocratie pour se (re) fonder une légitimité totalement perdue. Le massacre institutionnel auquel il se livre, la violence verbale et parfois physique avec lesquelles il se déploie dans l'univers politique national donnent froid au dos. Cela rappelle d'autres régimes politiques, en d'autres temps et en d'autres lieux. Jusqu'à quand durera le stoïcisme ou l'indifférence des Sénégalais ? Nul ne sait. Pourtant, chaque jour le régime déroule un numéro plus loufoque et plus dramatique que les précédents, dans sa manière de conduire les destinées du pays. Le ridicule n'étonne plus. Le grotesque non plus. Le dernier épisode de la série est sans conteste « l'affaire Macky Sall ».
Source : Sudonline
La presse a révélé que le Chef de l’Etat reproche au président de l’Assemblée nationale le fait d’avoir fait convoquer son fils pour le faire entendre par la représentation nationale, afin que l’Agence nationale pour l’Organisation de la conférence islamique (Anoci) qu’il dirige par la seule volonté de son père, rende compte à la Chambre des députés de ses activités de gestion. Et en cela, indique Me Abdoulaye Wade, Macky Sall aurait commis une faute politique grave qui se paie cash. Les échanges intervenus entre l’ancien Premier ministre et le chef de l’Etat, rappelle une triste histoire ayant eu cours dans le Palais de Mobutu Sessé Seko à Gbadolité. La fille de Mobutu fête son anniversaire dans le palais, alors que le maréchal vient à peine d’en prendre possession. L’intendant en chef du palais en charge de l’évènement prépare avec le Cabinet du Premier ministre la fête. Le gâteau est préparé en Belgique. Un avion spécial doit transporter le gâteau et certains convives venus d’Europe à Gbadolité. L’avion se pose sur la tarmac de l’aéroport de Gbadolité avec plus d’une heure de retard, à minuit passé. La fille du maréchal a dû souffler sur un gâteau fait localement. Scandale d’Etat. L’intendant du Chef du palais est congédié. Le Premier ministre est convoqué d’urgence au palais présidentiel à Gbadolité. Il doit s’expliquer devant le maréchal. Que reproche-t-on au chef du gouvernement ? La défaillance des services de l’Etat, dans le processus de préparation de la fête, ce qui aurait expliqué le retard accusé par l’avion dans l’acheminent du gâteau d’anniversaire. La famille de Mobutu est furieuse. Elle exige et obtient du parrain le renvoi du Premier ministre qui aurait commis une faute de jugement grave sur l’organisation des services de l’Etat. Cette histoire, somme toute banale, dans la Saga Mobutu, m’a été contée par Sakombi Inongo, un ancien ministre de Mobutu, en juillet 2004 à Kinshasa, avec qui j’avais l’avantage de présider une session d’un symposium africain, consacré au rôle des media et à l’évolution politique intervenue sur notre continent au cours de ces dernières années. Toutes proportions gardées, sur des registres bien différents, on en conviendra, la destitution programmée de Macky Sall, est à tout point de vue comparable à cette lamentable histoire intervenue dans le palais de l’ancien dictateur zaïrois. Sauf que nous sommes au Sénégal qui, juste, il y a sept ans, pouvait se considérer comme un pays politiquement avancé et où la démocratie pouvait espérer vivre des moments encore plus rayonnants. On mesure aujourd’hui le fossé entre l’espérance d’hier et la réalité. Que constate t-on , sept ans après la survenue de l’alternance à la tête de l’Etat ? Des autorités qui souvent agissent avec arrogance et mépris. Sans aucun égard pour ce peuple. Elles assurent la promotion des médiocres, exècrent les vertueux, foulent au pied le texte et l’esprit de la loi fondamentale. Elles martyrisent, humilient et excluent tous ceux qu’ils considèrent à tort ou à raison comme des ennemis réels ou potentiels. Les responsables de cette tragédie nationale ne reculeront devant rien. Que tout le monde se le tienne pour dit ! Par fausse pudeur, on se garde encore de dire aux Sénégalais que le pouvoir actuel travaille de façon méthodique à assurer la succession du président de la République par son fils. On tente alors de faire croire à la nation, voire au monde que le dauphin en cours de fabrication est un homme brillant et intelligent. Il serait, à en croire les promoteurs de la marque, une chance pour ce pays. Un autre homme brillant et intelligent, c’est, sûrement, le fils du Chef de l’Etat ivoirien, Michel Gbagbo. Il est docteur en psychologie, professeur, assistant au département criminologie de l’Université d’Abidjan. Ce n’est pas à cause de ses seuls titres universitaires acquis dans de prestigieuses universités en France et ailleurs en occident que Michel Gbagbo est présenté comme un sujet brillant et intelligent. Il l’est surtout à cause de la clairvoyance de ses idées et de la manière intelligente de les exprimer. Interrogé par le magazine Matalana dans son édition d’octobre 2007 sur ses ambitions politiques, Michel Gbagbo répond : « (…) je n’aime pas le terme dynastie parce qu’il ne faut pas que la République soit un instrument au service d’une famille (…). Je suis intéressé par la politique, mais je connais mes limites et je dis, un président par famille et par siècle, je pense que c’est suffisant. La Côte d’Ivoire regorge d’intelligences pour pouvoir se donner d’autres présidents. Mais plaise à Dieu que je puisse mettre mon expérience et ma modeste contribution au service de ceux qui sont là. Je ne veux pas être président (…) ». Karim Wade et ses amis souteneurs disent le contraire. Il faut pourtant bien que ceux-là qui lui préparent à la lumière du jour comme dans l’ombre, le chemin de la présidence de la République méditent de tels propos et en fassent un bon usage. Autrement, ils assumeraient une responsabilité historique, en tentant de préparer les conditions d’un chaos politique qui ne les épargneraient pas, si jamais demain, ils voulaient forcer les conditions d’un avènement non désiré par le peuple du fils du Chef de l’Etat au pouvoir. Karim Wade lui-même n’est pas aussi convaincu que ne laissent croire ses supporters qu’il en a l’étoffe. Et c’est aussi sûrement pour cette raison qu’il éprouve tant de mal à se mettre en première ligne et en plein jour, pour assumer publiquement ses ambitions. On a coutume de dire qu’en politique le plus important est ce que l’on cache. Il cache son jeu et ne compte que sur l’unique appui de son père pour assurer son installation à la tête de l’Etat. Le cas échéant, son seul mérite aura été d’être le fils de son père. En dépit des cachotteries inévitables et compréhensibles des initiateurs de la manœuvre successorale, la préparation du fils du Chef de l’Etat pour succéder à son père se pose déjà en termes de débat public. Et on ne pourra pas définitivement occulter ou étouffer un tel débat. La péripétie de la convocation devant l’Assemblée nationale des responsables de l’Anoci et ses conséquences tragiques sur la stabilité de l’institution parlementaire, n’est qu’une forme tragique et caricaturale de ce débat auquel appellent tous les vrais démocrates. Macky Sall incarne, peut être même à son corps défendant, une cause juste qui s’inscrit en droite ligne dans l’idéal de démocratie. Défendre sa posture actuelle qui consiste à refuser de démissionner de la présidence de l’Assemblée nationale participe d’une logique institutionnelle cohérente et d’un souci de consolider la démocratie. Il est clair qu’en se défendant face aux appétits féroces des fossoyeurs de la démocratie qui s’identifient à travers tous ceux qui, demain, vont engager, toute honte bue, les procédures de destitution du Président de l’Assemble nationale, ce dernier reste en phase avec un peuple qui ne peut comprendre, ni accepter ce qui passe. Avons-nous le droit de faire comme si ce qui arrive à Macky Sall est une juste querelle intra parti, sans incidence sur la marche de cette nation vers le progrès ? En fait, il s’agit de la survie de la démocratie. En réalité, cette violence perpétrée contre les institutions n’est que la traduction de cette double peur qui habitent ceux qui semblent décidés à installer Karim Wade au pouvoir. La première peur ressentie procède d’un manque criard d’assurance de ces faiseurs de roi, quant au profil du candidat et à sa stature d’homme d’Etat capable de conduire le destin d’un pays. La deuxième peur est, liée à l’incohérence de la démarche et de son anachronisme dans le contexte actuel : comment peut-on imaginer un seul moment qu’il soit possible d’organiser au Sénégal, une succession intra familiale à la tête l’Etat ? Et ce parce qu’ils ont doublement peur, que les partisans du Chef de l’Etat et leurs mentors peuvent se montrer particulièrement violents et dangereux ? Il est temps que les patriotes de ce pays qui croient en la supériorité de la démocratie sur toutes les autres formes d’organisation politique, comprennent que le combat n’est pas celui d’un homme. Qui qu’il soit, d’ailleurs ! C’est le combat d’un peuple, pour la sauvegarde de la démocratie.
19 novembre 2007
Enquête - Fbi, Cia et Département du trésor séjournent à Dakar : Les Américains traquent l’argent sale au Sénégal
ENQUETE - Présomption de blanchiment d’argent, trafic de drogue, arrivée de Sudatel … : Les Américains fouillent le Sénégal
Tout le monde avait voulu l’affaire discrète mais une visite des principales structures de l’Administration américaine en charge des affaires de lutte contre le grand banditisme international dans un pays, ne saurait passer inaperçue surtout que la délégation d’agents du Fbi, de la Cia, des départements de la Justice et du Trésor américains s’est montrée très curieuse face aux officiels sénégalais.
Une visite d’officiels américains la semaine dernière, au Sénégal continue de susciter l’émoi dans les plus hautes sphères de l’Etat. Une forte délégation, constituée d’éléments du Fbi, de la Cia, des départements du Trésor et de la Justice des Etats-Unis d’Amérique, a rencontré des responsables des ministères de l’Intérieur et de l’Economie et des Finances du Sénégal. Un haut fonctionnaire qui a pris part aux discussions, s’étonne encore de la précision des questions posées par les Américains. Ainsi, on apprend qu’au niveau de la Place Washington où ils ont discuté avec le directeur de cabinet du ministre d’Etat Ousmane Ngom, absent du Sénégal au moment de la visite des Américains, les questions ont tourné autour de la recrudescence du trafic de drogue dure dans la sous-région d’Afrique de l’Ouest et surtout, des importantes saisies de cocaïne opérées par les forces de sécurité sénégalaises. Les Américains qui partent du postulat que, si une tonne de drogue est saisie, certainement dix autres ont passé à travers les mailles des filets des forces de sécurité surtout avec les frontières maritimes très poreuses du Sénégal. Ils ont montré une grande préoccupation face à la situation du Sénégal qui tend à devenir une des plus fortes plaques tournantes du trafic international de drogue dure. Les agents du Fbi et de la Cia ont évoqué la question du blanchiment d’argent sale éventuellement tiré du trafic de stupéfiants et autres circuits illicites. Ils ont ainsi cherché à être informés des dispositions (déjà prises) ou que le gouvernement du Sénégal compte prendre pour faire face à ce fléau. Sur ce plan, ils ont assuré leurs interlocuteurs de la volonté des Etats Unis d’être aux côtés du Sénégal pour juguler ce phénomène. Mais il n’empêche que le boom immobilier constaté à Dakar et même, dans certaines villes de l’intérieur du pays dont Louga, inquiète les agents fédéraux américains sans compter une certaine surliquidité au niveau de certains établissements financiers de la place.
L’intérêt manifesté par les Américains pour le blanchiment d’argent a aussi occupé les entretiens avec de hauts responsables du ministère de l’Economie et des Finances. La délégation américaine s’est particulièrement intéressée à des «revenus aux origines indéterminées», constatées dans le circuit économique et financier au Sénégal. A cet effet, le contrat signé entre l’Etat du Sénégal et la société soudanaise Sudatel, détentrice d’une nouvelle licence de téléphonie au Sénégal, n’a pas été pour arranger les choses. Sudatel étant sur une liste rouge du département d’Etat américain pour de fortes présomptions de liens avec des milieux terroristes, sa présence au Sénégal ne pouvait pas ne pas attirer l’attention. Ainsi, on apprend que ce nouvel opérateur aurait cherché à lever des fonds à partir de Dubaï pour payer son ticket d’entrée au Sénégal d’un montant de 200 millions de dollars. Somme dont le chèque équivalent a été d’ailleurs remis aux autorités sénégalaises la semaine dernière.
Par ailleurs, les officiels américains ont cherché à éplucher certaines rubriques des comptes publics du Sénégal en s’interrogeant sur la traçabilité de certains dons accordés au Sénégal dans le cadre de la coopération internationale et dont ils ne retrouvaient pas de façon évidente, les écritures. En outre, au détour de certaines discussions, des officiels Américains se sont interrogés sur la «Dubaïsation» de l’économie sénégalaise. Certains de leurs interlocuteurs sénégalais n’ont pas manqué de prêter attention à l’intérêt porté à certaines personnalités politiques sénégalaises. «C’est à croire que les Américains faisaient en même temps une enquête de personnalité», indique une source proche des milieux de renseignements au Sénégal.
Madiambal DIAGNE
FRONT SIGGIL SENEGAL - DES TERMES DE REFERENCE DES ASSISES NATIONALES
FRONT SIGGIL SENEGAL
22 octobre 2007
CONTRIBUTION A l’ELABORATION
DES TERMES DE REFERENCE
DES ASSISES NATIONALES
AVANT PROJET DE TERMES DE REFERENCE
DES ASSISES NATIONALES
CONTEXTE
Depuis la survenue d’une alternance démocratique et pacifique dans notre pays, à l’issue du scrutin historique du 19 mars 2000, les immenses espoirs de changement nourris par le peuple, dans tous les domaines de la vie nationale, ont été déçus l’un après l’autre. A tel point qu’aujourd’hui, il n’est pas exagéré de dire qu’en lieu et place des progrès attendus, le pays vit actuellement une grave régression démocratique, éthique et une crise massive des valeurs.
Le Sénégal va mal, l’écrasante majorité des Sénégalais en souffre quotidiennement et le déplore. Le constat est à la fois unanime et accablant. Ainsi, en 2006 le taux de croissance n’a été que de 2,1 %, le revenu réel par habitant a reculé, le déficit budgétaire a doublé pour passer à 6 % du PIB, tandis qu’en 2007, le pays connaît une inflation galopante, la dette intérieure s’est accrue au point de mettre en péril la survie des entreprises. Le Sénégal risque, au rythme où vont les choses, d’accumuler à nouveau un endettement global excessif, malgré les importants allègements de dette qui lui ont été consentis. Le gouvernement, si prompt à clamer que sa gouvernance est bonne, a écouté sans broncher les bailleurs internationaux lui asséner que « le Sénégal n’a pas encore affiché des améliorations significatives dans quatre domaines principaux » : transparence et gouvernance ; efficacité du gouvernement ; facilité de l’exercice des activités économiques ; et la capacité d’adopter et de s’adapter à de nouvelles technologies à travers l’innovation et le développement humain.
La situation est, en effet, grave et préoccupante ; le pays est en danger et son avenir hypothéqué.
La mal gouvernance a pris racine et s’étend, les scandales ne se comptent plus, le pillage des ressources publiques est systématique, le bradage du patrimoine foncier (CICES, Zone de captage, Diamniadio et le littoral notamment) et bâti de l’Etat se poursuit de manière frénétique.
L’économie nationale se porte mal. Nombre de secteurs et d’entreprises importants sont en crise : l’agriculture, la pêche, le textile, le tourisme, les ICS, le secteur énergétique (notamment SAR, SENELEC), etc.
La paupérisation des Sénégalais s’aggrave et s’étend. Le pouvoir d’achat des travailleurs, des Sénégalais en général, baisse de plus en plus, le chômage est massif et gagne toutes les couches de la population, la famille se délite, la jeunesse rurale désespérée fuit les campagnes qui se vident de leurs forces vives au profit des villes d’où, avec la jeunesse urbaine, elle déserte le pays vers l’Europe, en tentant l’aventure mortelle de l’émigration clandestine.
Malgré tous les moyens prétendument injectés dans l’éducation et la santé, ces deux secteurs vitaux affichent des performances insuffisantes, voire médiocres, et la nation tout entière en subit les conséquences néfastes.
Les valeurs républicaines, laïques et démocratiques sont menacées. La crise est générale: politique, économique, sociale, culturelle et morale.
L’Etat de droit, ou ce que l’histoire nous avait permis de construire en la matière, est maintenant démoli. La démocratie recule, les libertés sont violées, des journalistes arrêtés, les marches interdites, la violence s’installe contre les politiques et les intellectuels. C’est plus que jamais le temps du pouvoir personnel, de l’arbitraire et des constructions anti démocratiques de succession… !
Le processus électoral, dans toutes ses phases, échappe au contrôle des électeurs et des partis de l’Opposition. De ce fait, il a enfanté en 2007 des institutions illégitimes. S’il reste en l’état, il y a tout lieu de craindre qu’il en soit de même lors de prochaines échéances électorales, avec toutes les conséquences négatives, violentes ou tragiques qui pourraient en résulter.
De surcroit, voilà que, le jour même de l’anniversaire du naufrage catastrophique du bateau « Le Joola », le 26 septembre 2007, l’on installe un Sénat monocolore qui, au-delà du débat sur son opportunité, est nommé à 65 % par le Président de la République; et c’est un sénateur désigné par celui-ci qui est appelé à le suppléer en cas de vacance du pouvoir. Ce Président-sénateur aura ainsi « l’obligation morale » de la reconnaissance et devra régenter, sans état d’âme, la finalisation du processus de succession dynastique.
Il est donc manifeste que le pouvoir n’a pas le souci de développer le pays ni d’améliorer les conditions de vie des Sénégalais. Il se préoccupe plutôt de satisfaire les appétits de « la majorité présidentielle », et pour ce faire, le pays tout entier doit subir le train de vie dispendieux de l’Etat (gouvernement pléthorique, Assemblée nationale surpeuplée et mal élue, suite à un boycott observé par près des deux tiers de l’électorat, Sénat nommé aux deux tiers, Conseil de la République ou futur Conseil économique et social), des priorités contestables qui empêchent la satisfaction des besoins populaires et plombent la croissance économique du pays, des détournements colossaux de deniers publics, évidemment impunis et une corruption cancéreuse qui gangrène l’ensemble de la société.
JUSTIFICATIONS
Tous ces éléments doivent amener à réfléchir et à agir.
Tous, ensemble, nous devons nous poser la question de savoir : où va le Sénégal ?
Notre opinion est que le pays se trouve dans une impasse et notre choix est de lui éviter des convulsions douloureuses ; de tenter de l’en sortir par le dialogue, qui est plus conforme à nos traditions, à notre culture, à notre civilisation. Même si, en face, le pouvoir verse dans l’autosatisfaction, s’emmure dans sa tour d’ivoire et refuse de dialoguer avec les Sénégalais, à travers leurs associations, sur les problèmes du Sénégal.
En effet, aujourd’hui, dans notre pays, le dialogue social avec le pouvoir est rompu ou de piètre qualité et le dialogue politique inexistant.
Certains opérateurs économiques nationaux crient leur marginalisation et réclament toute leur place dans notre tissu économique, dans l’attribution des marchés publics, dans le capital des entreprises stratégiques. Mais, le pouvoir fait la sourde oreille et tisse sa toile imperturbablement, vautré dans l’affairisme d’Etat, bradant les grandes entreprises nationales au capital étranger et cédant les autres ressources du pays à une nouvelle couche sociale, minoritaire, parasitaire et insatiable, qu’il a fabriquée de toutes pièces.
D’autres réclament la tenue d’un Forum Economique qui serait un moment d’échanges et de propositions pertinentes pour mieux aider notre pays à sortir de l’ornière. Seul le silence leur répond.
Des acteurs du monde rural souhaitent, depuis quatre ans, la tenue des Etats Généraux du monde rural (agriculture, pêche, élevage, foresterie) et, à ce jour, ils se demandent encore comment se faire comprendre. La dégradation accélérée de l’environnement et la gestion prédatrice des ressources naturelles préoccupent au premier chef les écologistes, qui se heurtent à un mur d’indifférence.
Des organisations de la société civile, de travailleurs et du patronat réclament une amélioration significative de la gouvernance du pays, la transparence dans la gestion des affaires publiques. Il leur a fallu des années pour se faire entendre partiellement, grâce à l’appui des bailleurs de fonds intéressés, et obtenir un nouveau code des marchés. Cependant, aujourd’hui encore, certains parmi eux en sont à déplorer « le retard à la mise en place des structures d’accompagnement de l’entrée en vigueur de ce code ». Du reste, à la sixième réunion du groupe consultatif entre le Sénégal et ses partenaires au développement, tenue à Paris les 3 et 4 octobre 2007, la Banque mondiale a pris le relais en soulignant qu’ « une amélioration significative reste nécessaire au niveau des contrôles intérieurs et extérieurs et de l’exécution du budget, dans les institutions et entreprises appartenant à l’Etat. De même, il convient de déployer plus d’efforts en vue de renforcer la transparence dans la passation des marchés publics, en améliorant le cadre juridique et institutionnel. »
Des associations de travailleurs réclament l’organisation des assises de l’action sociale, pour définir une démarche appropriée face aux phénomènes sociaux qui déchirent ou transforment négativement notre tissu social ; ils ne reçoivent en retour que leur propre écho.
Des syndicats du secteur énergétique trouvent qu’il est impératif de tenir des concertations avec tous les acteurs concernés, pour avoir de nouvelles orientations stratégiques dans leur domaine, où les difficultés sont évidentes, récurrentes ; mais ils ne reçoivent aucun signal favorable. L’énergie est de plus en plus inaccessible aux ménages et aux entreprises de toutes dimensions, le pouvoir se contentant, en la matière, d’improvisations dont tout le monde souffre.
Des organisations syndicales demandent à être écoutées, parce qu’elles ont des idées pour la défense et la viabilité du service public dans le domaine de l’énergie, de l’eau de l’assainissement, de la communication, de la justice, de la poste, de la santé et de l’éducation. En vain.
Les centrales syndicales, toutes sensibilités confondues, confrontées à l’inflation galopante et à la dégradation des conditions de vie des travailleurs, des associations de consommateurs, les citoyens de manière générale n’arrivent pas à trouver le moment, le lieu, l’interlocuteur et les modalités appropriés pour expliquer leurs propositions de défense ou d’amélioration du pouvoir d’achat des Sénégalais et les mesures susceptibles de mettre un terme aux pratiques néfastes de corruption et de spéculation, visant notamment les modalités d’application de la loi sur «la concurrence et les pratiques déloyales».
L’Etat prétend injecter 40 % du budget national dans le secteur de l’éducation, ce que des organisations d’enseignants contestent. Tout le monde, il faut le dire, s’interroge sur la véracité de cette assertion et, pire, personne ne constate les bons résultats que le pays est en droit d’attendre d’une telle dépense budgétaire. Périodiquement, l’année scolaire est sauvée in extrémis.
Pourquoi est-il si difficile au pouvoir de se concerter avec les acteurs concernés de l’école, de partager avec eux toutes les informations et de créer avec eux un système de suivi transparent capable de donner à une telle allocation de ressources l’efficacité et l’efficience requises ?
Des retraités demandent sans succès des journées d’étude sur leur situation et sur celle de leur institution, tandis que d’autres corporations attendent toujours la formalisation de leurs statuts (gardiens, gens de maison, etc.). Quant aux mutilés de guerre, en dépit de leurs multiples sacrifices consentis à la nation, leurs revendications demeurent insatisfaites.
La situation de « ni guerre ni paix » en Casamance préoccupe tous les Sénégalais de l’intérieur comme de l’extérieur, ainsi que toutes les forces politiques et sociales du pays. La démarche choisie aujourd’hui par le Chef de l’Etat est une vraie nébuleuse qui écarte certaines composantes de la nation, pourtant en mesure d’apporter d’utiles contributions, dans la transparence et le désintéressement, à la résolution définitive de cette tragédie. Mais, il se dégage l’impression fâcheuse que cette paix n’est pas une priorité et que c’est le pourrissement de la situation qui est recherché, pour on ne sait quelle raison obscure.
Des voix s’élèvent pour défendre la laïcité, pour exiger que l’Etat soit équitable dans ses relations avec les religions ou avec les confréries. Apparemment leur discours est mal reçu, par le pouvoir, qui ne leur accorde ni attention, ni considération.
Les médias publics sont plus que jamais monopolisés par le pouvoir d’Etat et, de ce fait, handicapés pour jouer leur rôle dans le traitement objectif des informations et dans la confrontation d’idées. Ce qui les prive donc d’une participation pleine et entière à la démocratisation de notre société, corollaire du dialogue politique, social et culturel, qui doit être permanent.
Des journalistes du secteur privé se voient agressés dans l’exercice de leur métier et conduits manu militari au tribunal, pour délit d’opinion ou plutôt pour crime de lèse- majesté.
Des intellectuels et écrivains qui éveillent et alertent l’opinion sur certaines tares du pouvoir (mal gouvernance, corruption, perte des valeurs, train de vie dispendieux des nouveaux parvenus, accaparement des biens publics) sont menacés de mort ou traînés devant les tribunaux.
Au niveau politique, c’est également l’impasse. Des partis politiques qui ont contesté la régularité de l’élection présidentielle sont considérés comme des parias par le pouvoir et ne mériteraient pas d’être ses interlocuteurs, puisqu’ils refusent d’être une opposition domestiquée. Et pourtant, ce n’est pas à Me WADE que l’on apprendra que des élections peuvent être contestées ni, qu’une fois le contentieux électoral judiciaire vidé- surtout de la manière que l’on sait- le contentieux politique peut persister et le Sénégal d’avant l’Alternance a souvent eu l’intelligence de lui trouver un traitement approprié.
Pourquoi cet autoritarisme du pouvoir quand notre histoire récente est si riche d’expériences qui ont montré, indubitablement, que le dialogue politique et social est indispensable à la bonne marche des sociétés, à la paix civile, à la stabilité du pays et au bon fonctionnement de la démocratie ?
Le Sénégal a connu, dans le passé, des concertations sectorielles avantageuses qui ont permis à l’Etat et aux acteurs politiques et sociaux de trouver des solutions, aux problèmes difficiles qui se posaient à des moments donnés, ou aux contentieux qui les opposaient. On peut citer par exemple les Etats Généraux de l’Education et de la Formation en 1981 ou les concertations qui ont donné lieu au Code électoral consensuel de 1992. En ces deux occasions, notre pays a su trouver le courage et la volonté de se regarder en face, d’identifier ses problèmes et de les affronter en trouvant des solutions consensuelles qui se sont révélées viables et même novatrices.
C’est à la lumière de ces expériences antérieures positives, face à la crise globale et multiforme que traverse le pays, que nous proposons la convocation d’Assises nationales, comme solution concertée de sortie de crise.
La conception de ces Assises s’est faite dans une démarche participative qui a associé différentes composantes de la nation qui, au cours de rencontres, ont échangé sur les problèmes du pays et sur la nécessité de leur trouver des solutions. Les présents termes de référence de ces Assises sont proposés afin de déterminer :
les objectifs poursuivis,
la composition des Assises,
le cadre temporel et méthodologique,
les thématiques,
les conditions de mise en œuvre et de suivi.
I. Les objectifs
Nous voulons, de façon pacifique, rassembler toutes les forces vives du pays, pour lui épargner des convulsions inutiles et ouvrir de meilleures perspectives pour le peuple. Nous parions sur l’intelligence, la sagacité, l’expertise et la détermination des Sénégalais. Il s’agit d’investir de l’intelligence, de l’énergie et de la volonté politique pour une voie rationnelle, responsable et civilisée afin que le Sénégal soit mis sur les rails de la paix civile, de la démocratie, du respect des valeurs républicaines, de la laïcité et du redressement de l’économie nationale. Il s’agit, en approfondissant les acquis démocratiques, en renforçant les droits et libertés, en consolidant le dialogue politique et social et en améliorant les conditions de vie de nos concitoyens, de recréer l’immense espoir suscité par l’Alternance de l’an 2000 et trahi par le pouvoir.
Ces Assises ne sont pas conçues par nous comme une conférence nationale souveraine déguisée. Il ne s’agit pas non plus d’une entreprise de subversion, ni d’un complot.
L’objectif général de ces Assises nationales est de trouver une solution consensuelle globale, efficace et durable à la grave crise multidimensionnelle (éthique, politique, économique, sociale et culturelle) qui sévit dans le pays.
Les objectifs spécifiques sont les suivants :
Faire l’état des lieux de la nation ;
répondre, par des solutions appropriées, aux urgences et priorités (politiques, économiques, sociales, culturelles et sportives) du présent et du proche avenir ;
bâtir un consensus dynamique sur les principes essentiels fondant une bonne gouvernance politique et un Etat de droit, une gouvernance économique de qualité, transparente et soucieuse des intérêts nationaux, une gouvernance sociale, culturelle et sportive basée sur des valeurs de progrès (travail, professionnalisme, culte de la performance, justice sociale, éthique, équité, solidarité) ;
concevoir les mécanismes d’un dialogue périodique et pérenne au niveau politique, économique, social, culturel et sportif entre, d’une part, le pouvoir et l’opposition et, d’autre part, le pouvoir et les partenaires sociaux, afin de créer les conditions du développement du pays dans la paix civile, la stabilité et la sécurité.
II. Composition des Assises nationales
Autour des objectifs précités, les Assises seront un moment fort où la nation, dans toutes ses composantes, renoue avec le dialogue.
Les associations de la société civile, les partis politiques, les organisations patronales et d’opérateurs économiques, les organisations syndicales de travailleurs, les organisations évoluant dans le monde rural (agriculture, élevage, pêche, foresterie), le mouvement associatif, le mouvement sportif, les organisations professionnelles, les corps de métiers, les corporations, les personnes âgées, les associations de retraités, les autorités religieuses, les organisations de femmes, les mouvements de jeunes, les mouvements élève et étudiant, tout secteur organisé, des intellectuels de renom, des personnalités identifiées dont la liste serait arrêtée par consensus, tous sont conviés aux Assises.
Le pouvoir y est convié.
Les Sénégalais établis à l’étranger sont également invités à y participer.
Des représentants des organisations de la société civile africaine peuvent être invités à assister aux Assises comme observateurs pour s’enrichir de cette nouvelle expérience.
Les Chefs de missions diplomatiques représentées au Sénégal seront invités aux séances d’ouverture et de clôture des Assises.
Les invitations sont faites par le Comité national de pilotage des Assises qui définit les modalités d’enregistrement aux Assises.
III. Le cadre méthodologique et organisationnel
Le Comité national de pilotage (Cnp) est chargé de l’organisation des Assises. Il comprend trois commissions : une commission d’organisation, une commission scientifique et une commission de communication.
Le Cnp soumet, à l’assemblée générale des initiateurs qui décide, ses propositions de :
Président des Assises qui doit être une personnalité d’envergure nationale, non partisane et au-dessus de tout soupçon.
Mise en place des commissions thématiques
Rapporteur général.
Présidents des commissions.
Rapporteurs des commissions.
Constitution d’équipe pluridisciplinaire d’experts avérés sur certaines questions à traiter.
Dates d’ouverture et de clôture des Assises.
Chronogramme général des Assises.
Locaux pour la tenue des Assises.
Budget.
Nombre de participants par organisation partie prenante.
IV. La thématique
Cette liste d’apparence exhaustive, quoique non limitative, ne correspond pas nécessairement aux thèmes des futures commissions de travail. Celles-ci détermineront elles-mêmes l’ordre des priorités, parmi les thèmes et sous-thèmes suggérés ci-après.
1°) - La gouvernance politique :
La gouvernance institutionnelle :
• le fonctionnement des institutions,
• les rapports entre les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire,
• l’indépendance du pouvoir judiciaire,
• la nature du régime politique,
• les organes de contrôle institutionnels et citoyens de la gestion de l’Etat et de ses démembrements,
• l’évaluation des performances de l’administration et propositions de réforme.
La gouvernance locale :
• l’évaluation de la politique de décentralisation,
• le renforcement de l’autonomie des collectivités locales,
• la problématique d’une fonction publique locale.
Le système démocratique :
• le processus électoral,
• le financement des partis politiques,
• la moralisation de la vie publique,
• la durée des mandats électifs,
• le cumul des mandats, le cumul de mandat et de fonction.
Le pluralisme médiatique :
• la libéralisation du secteur de l’audiovisuel,
• la régularité et la transparence dans l’attribution des fréquences,
• la régulation du secteur médiatique,
• le rôle des professionnels de l’information et de la communication dans la démocratisation du paysage médiatique.
La garantie de l’exercice effectif des droits humains
• l’effectivité de l’exercice des libertés constitutionnelles,
• l’abrogation des dispositions liberticides du code pénal,
• le renforcement des droits de la défense,
• le respect des dispositions sur la durée de la détention préventive,
• la protection contre les détentions arbitraires.
La crise casamançaise
La politique africaine
La politique extérieure
La définition d’un cadre d’expression de la citoyenneté participative
2°) - La gouvernance économique et financière :
La bonne gouvernance et la transparence:
• le droit à l’information économique, sociale et financière pour tout citoyen,
• l’obligation de reddition des comptes pour toute structure publique,
• la redéfinition de la place des corps de contrôle de l’Etat (Inspection Générale d’Etat, Cour des Comptes, Inspection Générale des Finances) et le renforcement de leurs pouvoirs,
• la lutte contre la corruption,
• les modalités d’un contrôle citoyen des décisions administratives et de la gestion des biens publics.
Les orientations budgétaires :
• l’équilibre budgétaire,
• le train de vie de l’Etat,
• la politique fiscale,
• la dette (intérieure et extérieure),
• les lois de règlement.
Les questions économiques :
• l’état des lieux,
• la définition des secteurs économiques stratégiques,
• la productivité et la compétitivité des entreprises,
• la promotion des PME et des entreprises de services,
• la place du capital national dans notre économie.
• la question des investissements et de la création des emplois,
• le financement de l’entreprise,
• la situation du tissu industriel national,
• la politique énergétique,
• la politique touristique,
• le secteur non structuré,
• la balance commerciale,
• les rapports économiques avec les pays de l’UEMOA, de la CEDEAO, et des autres organismes sous-régionaux du continent africain,
• la place du Sénégal à l’OMC et aux ACP,
• les rapports commerciaux avec l’U.E., les U.S.A, la Chine, l’Inde, le Maroc et les pays du Golfe Arabo-persique,
• la position du Sénégal face aux Accords de Partenariat Economique (APE).
3°) – La gouvernance sociale :
L’accès aux services sociaux de base :
• l’approvisionnement en eau potable,
• l’expansion de l’électrification rurale,
• la fourniture correcte en électricité dans les centres urbains,
• l’assainissement,
• l’accès aux soins de qualité,
• la scolarisation pour tous.
La condition des travailleurs :
• la sécurité sociale, l’assurance maladie, les mutuelles de santé,
• la valorisation du travail salarié et du travail non salarié,
• la promotion de l’emploi décent,
• le pouvoir d’achat,
• les institutions de prévoyance,
• la généralisation et l’actualisation des conventions collectives professionnelles,
• l’actualisation de la convention nationale inter professionnelle.
L’accès au logement :
• la politique d’habitat social,
• le soutien aux coopératives d’habitat,
• la lutte contre la spéculation foncière et immobilière,
• la lutte contre la surenchère sur les loyers.
Les infrastructures et le transport :
• l’amélioration de la mobilité,
• le désenclavement des zones et régions périphériques,
• la réorganisation du transport urbain et inter urbain,
• la sécurisation et la diversification de l’offre de transport.
La solidarité avec les couches vulnérables :
• la discrimination positive en faveur des handicapés,
• la protection de la petite enfance,
• la lutte contre l’exclusion, les précarités et la pauvreté,
• l’assistance aux grands malades,
• les mutilés de guerre.
4°) – Le monde rural et le secteur primaire en général :
l’état des lieux du secteur primaire,
l’évaluation des contraintes au développement du secteur primaire,
le financement du secteur primaire,
la réhabilitation de l’agriculture, de l’élevage, de la forêt et de la pêche,
la mise en place de circuits de distribution et de commercialisation,
la promotion des unités industrielles de transformation des produits,
la protection des ressources halieutiques,
la sécurité alimentaire,
la création de pôles économiques de développement en zone rurale.
5°) – L’éducation et la formation :
l’état des lieux de la politique d’éducation et de formation,
la généralisation de la scolarisation,
la réhabilitation de l’Ecole publique,
la restructuration de l’enseignement privé,
l’introduction des langues nationales dans le système éducatif,
l’introduction de l’apprentissage dans le système éducatif,
la politique de formation professionnelle et technique,
la définition d’une carte universitaire nationale,
la revalorisation de la fonction enseignante,
la promotion de la recherche fondamentale et appliquée.
6°) – La santé :
l’accessibilité géographique et financière des soins de santé de qualité,
la redéfinition de la pyramide sanitaire (de la case de santé à l’hôpital),
la promotion de l’assurance- maladie universelle et de la mutualité,
la réforme des systèmes et cadres de gestion des établissements sanitaires,
l’évaluation des performances des programmes nationaux de santé,
la prévention et la protection contre les maladies endémo-épidémiques,
questions liées au statut du personnel.
7°) –La culture :
la promotion des langues nationales
la valorisation du patrimoine historique et culturel national,
la protection de la diversité culturelle,
la promotion des industries culturelles,
le soutien à la créativité intellectuelle et artistique,
la défense et le développement des valeurs culturelles africaines.
8°) – La jeunesse, l’emploi et l’insertion socioprofessionnelle :
l’état des lieux des politiques de jeunesse et d’emploi,
l’analyse de la situation des jeunes,
l’identification des obstacles à l’épanouissement des jeunes,
la définition d’une politique hardie de création d’emplois
l’implication des entreprises dans la politique de création d’emplois,
la formation complémentaire pour les jeunes en quête d’emploi,
le système de financement des projets de jeunes
9°) – La dimension genre et la promotion de la femme :
l’état des lieux des politiques et programmes destinés aux femmes,
l’analyse de la situation de la femme,
l’identification des obstacles à la promotion de la femme,
la généralisation de l’égalité de genre,
le financement des entreprises initiées par des femmes,
la répression des violences faites aux femmes.
10°) – La situation des personnes âgées :
l’état des lieux des politiques destinées aux personnes âgées,
l’analyse de la situation des personnes âgées,
l’identification des obstacles à la promotion des personnes âgées,
la revalorisation du rôle des personnes âgées dans la société,
la création de structures de prise en charge des personnes âgées,
11°) – Le problème des migrations :
la concertation avec les pays d’accueil sur la question des migrations,
l’émigration clandestine,
la défense des droits des émigrés dans les pays d’accueil,
la gestion des flux financiers générés par les émigrés et leur insertion dans la vie économique nationale,
la représentation des émigrés dans les structures de l’Etat.
12°) – Le défi écologique (environnement et développement durable) :
la protection des écosystèmes et la lutte contre la sécheresse et la désertification,
la préservation de la biodiversité,
l’émergence d’une conscience écologique et la participation à la construction d’une gouvernance mondiale de l’environnement,
la réhabilitation de notre patrimoine forestier,
le repeuplement des parcs et réserves,
la protection des aires marines, des zones maritimes et côtières,
la prévention du risque industriel et des catastrophes naturelles,
la gestion des ordures et déchets,
la question des énergies renouvelables.
13°) – Les questions liées aux sports :
l’élaboration d’une nouvelle charte sportive,
le développement et l’encadrement des sports de masse,
la mise en place d’un cadre favorable à la pratique du sport d’élite,
la réalisation d’infrastructures pour tous les sports.
14°) – Les questions liées à l’éthique, aux comportements et aux valeurs.
V. Conclusions, recommandations et mise en œuvre
Principes directeurs pour un bon déroulement des Assises :
Privilégier un dialogue débarrassé de tout préjugé et de tout présupposé.
Faire du consensus le seul mode de prise de décision.
Les conclusions auxquelles aboutiront ces Assises nationales créeront les conditions d’une synergie capable d’impulser une dynamique nouvelle dans notre pays.
Pour y parvenir :
il sera mis en place une commission de synthèse, de suivi, de mise en œuvre et d’évaluation des conclusions, commission dont la composition reflètera la diversité des acteurs ;
les participants doivent accepter que les conclusions consensuelles de même que les recommandations qui en seront issues s’imposent à tous et engagent chacun ; elles feront l’objet d’une campagne de vulgarisation de masse ;
les mécanismes de mise en œuvre des conclusions et des recommandations sont définis par les participants.



